Coups de Coeur

Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 18:00

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Le Lien pour voir l'Album-Photos complet se trouve en fin d'article

Amis et amies fidèles, vous me connaissez et vous savez qu'il est difficile pour moi, voire impossible,d'écrire et de rendre-compte d'un évènement, d'une manifestation, d'un spectacle ou d'une corrida, dans la foulée en collant de près à l'actualité pur répondre à l'impatience des visiteurs qui, "sitôt fini" voudraient lire et voir ... texte et photos avant de passer, aussi rapidement ... à "autre chose" ... la rapidité ... l'urgence ... le concentré ... le superficiel ... !

Pas toujours d'ailleurs.

Certains savent "faire" vite et bien ... j'en connais.

Moi, je sais pas !

Pourtant, je fais des efforts, je m'entraîne parce qu'un jour, faudra bien que j'y arrive et il n'y a pas de raison pour que je n'y arrive pas ...

Sauf que, pour le moment, je n'y arrive pas encore ...

Ceci dit, c'est tout aussi difficile, de rendre compte et de "publier" avec un décalage tel qu celui d'aujourd'hui par rapport à l'évènement car je ne prends pas de notes et je me sers bien peu de mon petit "enregistreur de voix numérique" (appelé, dans le temps, magnétophone !).

Finalement mon "carnet de notes" ce sont mes photos et ma ... mémoire, excellente jusqu'à aujourd'hui et pour longtemps encore ... je l'espère.

Tout ça pour vous dire que ce que vous allez lire maintenant concerne "quelque chose" qui a eu lieu, non pas dimanche dernier, mais le dimanche "d'avant" ... Comme le temps passe vite !

C'était donc le 29 janvier en fin de matinée et ça se passait au Mas de Bellombre (quel beau nom ...) à Raphèle chez la ganadero Pierre-Marie MEYNADIER pour un tentadero d'hiver avec le sympathique et talentueux torero Julien LESCARRET, venu de son Sud-Ouest natal pour cette circonstance, et d'autres évidemment.

Invité la veille alors que je n'étais pas libre ... vous pensez bien que je me suis "libéré" immédiatement. Comment refuser une telle invitation? Je n'y ai même pas songé ... vous vous en doutez bien.

Tentadero de 2 vaches pour Julien LESCARRET arrivé accompagné de son ami Jonathan VEYRUNES, Julien avec sa charmante épouse et Jonathan avec sa charmante fiancée ... Quel joli mot ... "fiancée" ... mot tombé aujourd'hui en désuétude, semble-t-il, et que l'on entend bien peu souvent. En tout cas j'ai trouvé cette présentation très "torero" ... et je le dis. d'accord, ça ne présente aucun intérêt sur le plan "taurin" mais les mots ont un sens et la langue française et son riche vocabulaire également.120129JS MEYNADIER Tentadero Lescarret 028

Accueil toujours aussi chaleureux de Pierre-Marie Meynadier et de Sophie et "petit comité" d'invités et amis autour des professionnels que sont Julien et Jonathan assistés de Stéphane "Morenito d'Arles" au capote et "Gabin" à la pique sur le cheval. Autre présence, comme souvent à Bellombre, celle de Stéphane Fernandez MECA, professionnel s'il en est et ami du maître des lieux et des toreros comme l'est aussi l'éleveur Bruno Blohorn, venu en voisin.

Voilà pour les acteurs ... Quant au décor, il était constitué par la belle placita du Mas et placé sous la protection de la Macarena.

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Il ne restait plus qu'à entrer en action pour que la pièce soit interprétée selon un scénario bien huilé.

Scénario bien huilé, certes, mais compliqué par des conditions difficiles avec le froid et le vent ... Je vais pas vous refaire le "coup" de "l'épisode" hivernal et des températures "ressenties" mais bon, c'est normal en cette saison ... on est au coeur de l'hiver, il fait froid et il ya du vent .. du mistral pour être plus précis ... alors c'est un peu plus difficile qu'au printemps ou en plein été ... encore que ? ...

Difficile aussi pour le bétail qui, lui non plus, n'est pas inensible aux conditions climatiques.

2 vaches donc pour ce tentadero ... 2 vaches d'origine et de comportement différents ... mais 2 vaches intéressantes et qui n'ont pas ménagé leur peine et leur enthousiasme pour permettre, en leur compliquant la tâche comme il le fallait, à Julien et à son compagnon de les mettre en valeur pour le ganadero et d'effectuer un entraînement sérieux, complet et professionnel.

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120129JS MEYNADIER Tentadero Lescarret 033Julien s'est employé à fond en allant a mas, comme ses deux partenaires, le tout complété pat Jonathan qui a eu à coeur de poursuivre la tâche e de montrer, lui aussi, ses qualités et ses gestes pour la plus grande satisfaction du ganadero et des spectateurs présents. Ils ont bien été aidés aussi par Stéphane et Gabin dans leurs rôles respectifs.

Satisfaction et remerciements du ganadero aux acteurs du tentadero même si, au final, les deux vaches ne seront pas "gardées" ...

120129JS MEYNADIER Tentadero Lescarret 050Les commentaires et conversations, se sont ensuite poursuivis, selon la tradition d'accueil et de convivialité chez Pierre-marie et Sophie, avec l'apéritif, les tapas et le repas, bien au chaud devant la grande cheminée copieusement alimentée ...

Mais, avant de participer à ces agapes, Julien Lescarret a bien voulu répondre à quelques-unes de mes questions et faire le point sur sa préparation et sur la saison à venir qui, rappelons le, sera la dernière de sa carrière de matador de toros.

"Jiès" : Alors, Julien, pas trop frigorifié ?

Julien Lescarret : Oui, c'est ça, un petit peu ! ... Justement la période veut ça, que pour les toreros qui se préparent et qui préparent la saison, on est dans des conditions un petit peu rudes au campo, voilà, dans une certaine réalité qui nous permet de nous endurcir pour les évènements à venir. Au niveau personnel je suis très heureux parce que j'ai passé de bons moments avec les deux vaches, je me suis régalé, et pour le moral et pour vivre sa passion ... c'est fantastique ... Après, techniquement, j'ai bien senti que je n'étais pas encore dans le rythme, qu'il y avait du boulot et qu'il fallait que je travaille encore et que je continue à me préparer pour les évènements de la saison ... j'ai le temps, c'est très bien, j'ai un programme en tête pour être prêt pour la première corrida qui devrait être fin avril .... ("Jiès" : à ... ??? ...) ...  (J.L. : Oui ... c'est ça (!!!!) ... Du coup, très heureux d'avoir passé la journée ici et d'avoir travaillé chez Pierre-Marie Meynadier. C'est toujours agréable.

"Jiès" : Tu as de bonnes perspectives pour la saison ? De quoi faire une saison de quinze corridas ...

J.L : Non, pas une quinzaine  ...  d'abord, en tête j'avais une saison courte à l'image de tout ce que j'ai fais jusqu'à présent je ne voulais pas changer et demander des cadeaux que je ne mérite pas donc j'avais quelques arènes sur lesquelles je compte parce qu'il y a eu une histoire avec ces arènes là et autant pour les gens qui viennent me voir que pour moi.  Je voulais une saison festive, une saison qui va me laisser de beaux souvenirs et, du coup, j'ai eu de belles surprises.Aux contrats que j'espérais et qui vont être honorés, il y en a qui se sont rajoutés ...  8 à 10 corridas, ce sera bien ...

"Jiès" : En France ou à l'étranger ?

J.L. : En France, oui bien sûr, mais j'ai aussi envie d'en faire une en Espagne et j'espère y arriver mais, ma carrière a été quasi exclusivement française , je suis d'ici, j'ai grandi comme torero grâce à la France et à l'aficion française et je pense terminer cette carrière sur la même démarche.

"Jiès" : Merci Julien, suerte ... et à très bientôt dans les arènes de ... fin avril.

Quel garçon, simple, abordable, disponible, souriant et intelligent ce qui n'est pas la moindre de ses qualités. Souhaitons lui tout le bonheur possible et les triomphes mérités pour le couronnement d'une carrière que certains jugeront modeste mais que beaucoup de toreros voudraient avoir eu ou avoir aussi .

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LienAlbumsLE LIVRE DE JULIEN LESCARRET

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JULIEN LESCARRET AU FESTIVAL D'ARZACQ

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Par Jiès Arles - Publié dans : Coups de Coeur
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 12:00

 

Texte publié sur le site de l'Observatoire des Cultures Taurines

http://www.culturestaurines.com/

et repris avec leur autorisation ...

Merci pour cette contribution "malicieuse" mais ô combien intelligente et pleine de bon sens ... à laquelle j'adhère complètement en tant que père, grand-père, aficionado et citoyen démocrate. "Jiès"

¤¤¤¤¤¤¤

Joel-PON-Psychiatre.jpg Le Docteur Joël Pon, psychiatre toulousain, répond ici, de très malicieuse façon, aux thèses d'Hubert Montagner et consorts sur les enfants et la corrida.
En démocratie tout parent exerce la liberté d'élever un enfant comme il l’entend et de lui transmettre un art de vivre.

 

"Le spectacle des corridas traumatiserait-il les enfants au point de les conduire à la déliquance ?
Voici mes réflexions. Pour ne pas faire pompeux comme nos psychanalystes de service, ni trop aride comme une plaidoirie, je leur ai donné la forme d’une lettre écrite à ma petite fille, que j’ai amené cet été à une course à Beziers, alors qu’elle n’a pas quatorze ans.

 

Ma Sasha adorée,

     Je viens ici te demander pardon.

     Oui, pardon, car voilà que l'on m'accuse d'avoir été un mauvais grand-père et d'avoir égaré ton âme sur des chemins périlleux. Vois-tu, je n'avais pas conscience de cela en t'accordant que tu m’accompagnasses - alors que tu n'as pas quatorze ans - à une corrida de la Feria de Béziers où notre Sébastien national côtoyait le fabuleux Centaure Pablo Hermoso de Mendoza.

    J'aurais dû te refuser cet instant, mais je pensais alors que chaque aîné avait le droit de proposer à ses enfants et petits-enfants les modèles culturels que sa tradition lui a légué et que son bon sens lui inspire. Eh bien non, c'est à Paris ou au siège Européen, là-haut, que ton avenir culturel se décidera. Toi qui a toujours été plus foie gras que Mac Do, plus Giacomo* que Tekno, moins Coca Cola que Veuve Cliquot ( Oh ! à peine ! ), moins Harry Potter que Cyrano, tu auras sans doute du mal à te couler dans le moule prêt à porter, prêt à penser que ces Jésuites te préparent. Aseptisée la conscience, moralisée l'existence, bâillonné le bon sens. Comme l' écrivait Marcel Pagnol, " ils en ont fait des fougasses, de notre libre arbitre ". Notre belle culture Latino-Méditerranéenne si riche, colorée et inspirée passe sous les fourches caudines des diktats d'une insipide culture Anglo Saxone rigoriste et moralisatrice. Vrai, si cet après-midi là, je t'avais abandonnée à la maison, engluée dans un canapé, gavée d'images débiles de pseudo idoles débraillées d'une accablante facticité, surlookés déshabités ayant vendu leur âme pour un instant de gloriole, personne n'aurait trouvé à redire.

   Permet moi donc, ma petite Sasha de tenter de justifier ce qui, cet après-midi, avait guidé ma démarche :

     Je pensais tout d'abord que tu avais quelque chance d'aimer une chose que, pour ma part, j'aime passionnément : la course de taureaux et que tu avais un espoir d'y trouver matière à vibrer car il y a la un bel exercice éthique, esthétique et ludique.

   Je pensais ensuite, douce Sasha t'apprendre à vivre et maîtriser tes émotions, à assumer des sentiments difficiles et douloureux comme l'angoisse, la peur, la tristesse. Je savais que tu serais angoissée en ayant peur que le méchant toro ne blesse l'homme ou le cheval, mais que tu serais triste lorsque tu verrais mourir ce brave torito. L'angoisse, la peur, la tristesse, les contes pour enfants en sont aussi remplis et ils ont dans les livres la même fonction que cet affrontement sur le sable d'une arène. Leurs sorcières maléfiques, leurs ogres terrifiants, leurs méchants loups dévoreurs de gentilles grand-mères servent à apprivoiser l'angoisse et la peur. Tiens, tant que j'y pense, il faudra leur dire de supprimer aussi le dragon enfermé dans la cave du château de la Belle au Bois dormant qui t'avait fait si peur lorsque nous sommes allés à Eurodisney. Mais ce que ne savent pas ces thuriféraires de l'interdit, c'est que toutes ces émotions sont nécessaires dans la tête d'un enfant et que leur maîtrise se fait par la présence rassurante d'un adulte qui les réconforte. Même l'expérience de la souffrance née de la mort de l'autre, fut-il homme ou animal, s'apprend près d'un parent attentif et chaleureux qui saura trouver les mots pour consoler et rassurer. Car cette palette d'émotions difficiles fait partie de la dure réalité de la vie et leur apprentissage est bénéfique sinon nécessaire. A moins que ces censeurs ne préfèrent que tu ne les expérimentes toute seule en croisant sur les chemins de l'école un pitbull pas très catholique, prêt à te dévorer. Tiens cela me fait penser que je les trouve étrangement silencieux sur le sujet, sans doute aveuglés par leur idéologie partisane… Pourtant, le sujet me paraît bien plus grave puisque plusieurs enfants ou aïeuls y ont laissé la vie… Donner l'unique vision d'un monde uni, gentil, poli, soumis est une hérésie, une idéalopathie toxique.

   Je pensais aussi, chère Sasha, t'inviter à un spectacle où se cultive l'authenticité, la noblesse d'âme, où se déclinent un certain nombre de valeurs positives que ces partisans feignent d'ignorer. Je te souhaite de t'inspirer dans ta vie du courage dont ce frêle torero-héros fait preuve face à ce fauve. J'aimerais que tu t'appropries sa sincérité, son authenticité, sa spontanéité, sa volonté, son abnégation. Ici pas de playback, pas de maquillage. Le geste pur et limpide, inspiré par une âme diaphane. Ainsi prenant à ton compte un peu de ses vertus, tu réaliseras la démarche d'identification au héros que moi-même, en d'autres temps, je suis aussi venu chercher ici. Je souhaiterais à beaucoup d'avoir ces modèles -là. En quelque sorte, il y a là un peu comme une école, une école de la vie qui apprend que ces vertus que tu intériorises t'anoblissent et te grandissent , qu'elles te donnent ta dignité, un sentiment positif sur toi même que tu feras plus tard rejaillir sur les autres. Tu te souviens, Cyrano ?

" …Mais chanter,

Rêver, rire, passer, être seul, être libre,

Avoir l'œil qui regarde bien, la voix qui vibre,

Mettre quand il vous plait, son feutre de travers,

Pour un oui pour un non, se battre, ou faire un vers."

     Je savais aussi en t'emmenant avec moi que ta sagesse candide retiendrait deux leçons : La première leçon nous vient du torero dans l'exercice de son art et nous livre que l'adresse et l'intelligence prennent toujours le dessus sur la violence aveugle, sur l'agressivité primaire. Là est l'habileté de l'homme qui assure ainsi sa suprématie sur le règne animal. L'homme qui observe, qui réfléchit, qui analyse, qui s'adapte, qui esquive parfois sort vainqueur de son affrontement avec un toro, comme il sortira vainqueur des joutes avec ses semblables.

     La deuxième leçon nous est donnée par le toro (car il n'y a pas que les hommes qui nous donnent des exemples et des leçons) et nous invite à vivre et mourir en harmonie avec nous-même. Car le toro est un fauve respectable qui aime les grands espaces et les combats. Il est fait comme cela et Dieu l'a voulu ainsi. Comme d'autres fauves, il a cette agressivité offensive que nous devons reconnaître et respecter, même si ceux qui voudraient t'interdire de venir voudraient te faire croire qu'un tigre est un chat. Alors, pour l'avoir observé, pour l'avoir éprouvé (combien de petits bergers de ton âge, en des temps plus anciens, ont déguerpi devant sa menace dans la lointaine Andalousie ?), l'homme veut lui donner au moment de mourir l'occasion de révéler les vertus de sa race en montrant ce qu'il est vraiment. Et nous voyons bien qu'il a à cœur de révéler l'essence de son âme : une bravoure, à toute épreuve, une noblesse inflexible, une complicité joyeuse qui montre qu'il aime ce qu'on lui propose. Non, sincèrement, je ne pense pas qu'un toro préfèrerait mourir, d'un seul coup, d'un seul, derrière la tête, au fond d'un couloir obscur sans avoir pu révéler son cœur. Non ! comme Cyrano, c'est debout et la corne à la main qu'il préfère mourir, pourfendant les mensonges de ceux qui tiennent des discours caricaturaux et réducteurs, la sottise de ceux qui passent à côté de valeurs essentielles, les préjugés de ceux qui n'ont pas cherché à le comprendre, la lâcheté de ceux qui tentent de prendre les enfants en otage pour tenter de le faire disparaître.

     Oui ! au fond, je sais bien que ton cœur saigne devant la souffrance du toro. Comme le mien peste et compatit devant une mort qui tarde à venir. Nous ne sommes pas les brutes assoiffées de sang que l'on prétend que nous sommes. Mais je t'invite un instant à une petite leçon de calcul. Un toro a près de cinq ans lorsqu'il meurt. Avant, pour m'avoir accompagné une fois à Zahariche, tu sais toute la vigilance et tous les soins attentifs dont il est l'objet. C'est un petit roi dans son élément naturel, dans un environnement écologique. Il a l'eau fraîche des étangs pour étancher sa soif, les mille fleurs du campo pour calmer ses appétits, l'ombre des chênes verts pour l'abriter des ardeurs du soleil, un large espace pour déambuler. Cinq ans d'une vie douce et paisible où le seul risque de danger est représenté par l'agressivité de ses congénères. Cinq ans de farniente et vingt minutes de souffrance à la fin de sa vie. Rapporté à la vie d'un humain dont l'espérance de vie moyenne est de près de quatre-vingt ans de nos jours, cela fait ? Je sais, tu as déjà la réponse : cinq heures et demi. C'est-à-dire que si l'homme avait le même rapport que le toro, il ne devrait souffrir que cinq heures et demie dans sa vie. Et là, vois-tu je pense à tous ceux qu'une terrible maladie fait souffrir des années durant, à tous ceux que la famine taraude longtemps avant de les emporter, à tous ceux qu'une mort violente fauche en nombre par un matin clair après une vie de misère, à tous ceux qu'un joug totalitaire empêche de parler, empêche de penser des années durant. Alors véritablement, avant de tenter de tuer notre belle complicité de cette après-midi Biterroise, il me semble, vois-tu, qu'il y aurait d'autres priorités. Sans doute nos donneurs de leçons n'y ont-ils pas songé. Mais lorsqu'ils ont réfléchi cela, c'était l'été, et les touffeurs estivales les avaient ramollis au fond de leurs fauteuils moelleux. Et le Monstre du Loch Ness ne faisant plus recette, il fallait inventer d'autres monstres…

     Ainsi, ma douce Sasha, il faudrait que je m'excuse d'avoir perdu ton âme alors que je pensais moi, la construire et l'élever en te proposant des étayages forts et nobles : l'authenticité, la sincérité, le courage, la dignité. Alors que je pensais l'éveiller à une certaine idée de la culture où la tradition, l'esthétique, le respect, la convivialité avaient leur mot à dire ? Eh bien, non ! je ne renierai pas ma démarche et ne reléguerai pas cette intime et affectueuse complicité que nous avons eu cet après-midi-là. C'est décidé si loi il y a un jour, je la transgresserai, et plagiant le bon Victor Hugo qui dans " Jeanne au pain sec " passait outre l'interdit, préférant la complicité, j'affirmerai après lui : " Eh bien moi, je t'irai mener aux corridas "

     Et ces donneurs de leçon de morale n'auront pas été complètement inutiles, car vois-tu dans la vie, il faut toujours positiver, et il est un autre auteur que je proposerai à ta curiosité éveillée. Il s'appelle Molière. Et sais-tu quelle belle pièce il a écrit qui illustrera notre sujet : Tartuffe !

     Voilà, ma douce Sasha, ce qu'un grand-père peut justifier à sa petite fille qui n'a pas quatorze pour l'avoir amenée, un jour, a las cinco de la tarde voir un homme et un toro révéler leurs âmes au travers du plus beau des duels complices.

      Je t'embrasse comme je t'aime : fort !

________________________

(*) Je n'oublie pas que tu adores Rossini et que je te passe l'ouverture du Barbier de Séville lorsque nous sommes ensemble en voiture…

 

 

Par Jiès Arles - Publié dans : Coups de Coeur
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 09:54

 

L'un de mes lecteurs du Sud-Ouest, fidèle et attentif comme je qualifie ceux d'entre vous qui visitent mon "Blog" de manière assidue et qui réagissent régulièrement, m' envoyé ses Voeux, comme beaucoup d'entre vous l'ont fait aussi. Qu'il en soit remercié et tous les autres aussi, bien sûr.

Mais au-delà d'un simple et agréable message de voeux traditionnels ou conventionnels, "mon " lecteur du Sud-Ouest (autre belle, passionnée et passionante région taurine) m'a envoyé le texte ci-dessous que je me fais un plaisir de ne pas garder pour moi tout seul !

En cette période de début d'année au cours de laquelle tous les aficionados attendent, avec plus ou moins d'impatience, de connaître les ganaderias et les cartels composés, il se dit et s'écrit beaucoup ... de tout ou presque, "du vrai du faux, du laid, du beau"  (ça ne vous rappelle rien ?), de l'intéressant, du navrant, de l'utile, de l'inutile etc ... etc ... par certains qui "savent" ou par d'autres qui ne "savent pas" mais veulent faire croire qu'ils "savent".

Seuls m'intéressent ceux qui font preuve de mesure, d'objectivité et surtout de "Bon Sens" ... concept, aujourd'hui, en voie de disparition et qu'il serait temps de mettre sous protection comme notre culture.

Bref (comme j''écris souvent quand je suis "un peu long") ... je publie ce texte et vous laisse découvrir, à la fin, le nom de son auteur et la date de sa publication .... comme quoi on peut rester optimiste ... les choses évoluent ! ... Non ? ...

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Bonjour

Je vous transmet tous mes voeux à travers un petit texte, qui n'est pas de moi mais qui remet les choses en perspectives au moment ou la mise à mort est remise en question par certains .

" Il n'y a que deux façons correctes de tuer les taureaux avec l'épée et la muleta ; mais l'une et l'autre appellent un moment où le coup de corne est inévitable pour l'homme si le taureau ne suit pas convenablement l'étoffe. Aussi les matadors se sont-ils appliqués à falsifier cette partie la plus belle du combat au point que quatre-vingt-dix sur cent que vous verrez tuer recevront la mort d'une façon qui n'est qu'une parodie de la vraie manière de tuer. Une des raisons en est que rarement un grand artiste de la cape et de la muleta est un tueur. Un grand tueur doit aimer tuer; s'il ne sent pas que c'est la meilleure chose qu'il puisse faire, s'il n'est pas conscient de la dignité de cet acte et ne sent pas que c'est sa propre récompense, il sera incapable de l'abnégation  nécessaire à la véritable mise à mort. Le vrai grand tueur doit avoir un sens de l’honneur et un sens de la gloire dépassant de beaucoup celui du torero ordinaire. En d'autres termes, il doit être surtout un homme simple. Il doit aussi y prendre plaisir; non pas simplement pour la joie de l'heureux tour de poignet, du coup d'oeil, de l'adresse à conduire sa main gauche mieux que les autres hommes, ce qui est la forme la plus simple de cette fierté, et qu’il aura naturellement du simple fait qu'il est homme; mais il doit goûter une jouissance spirituelle au moment de tuer." 

Ce texte est extrait de  "Mort dans l’après-midi" écrit par Ernest Hemingway en 1932 !!!!

Cela remet un peu les choses à leur place et permet de se demander quand a commencé la" décadence" de la corrida .
-- tous mes voeux pour 2012 de beaux toros de belles piques de belles faénas et bien sur de belles mises à mort.

Envoyé par Thierry, aficionado à los toros, un de mes lecteurs fidèles du Sud-Ouest


110710 CERET NovilladaRcdmAdrian de TORRES, novillero et "Librado" 530 kg de Moreno de Silva - Céret 10 juillet 2011

110910JS-ArlesRizGoyesqueRSZ.jpgEl Juli - Zalduendo, 500 kg - Feria du Riz d'Arles 10 septembre 2011

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Par Jiès Arles - Publié dans : Coups de Coeur
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 10:07

 

Chers amies et amis Lectrices et Lecteurs fidèles et attentifs de mon blog ...

CV2012Burladero.jpg A tous, que vous veniez me visiter tous les jours, plus épisodiquement, lorsque je vous annonce "du nouveau" ou de manière fortuite et exceptionnelle ... je vous adresse mes Meilleurs Voeux et Souhaits pour l'année 2012 qui commence aujourd'hui ...

Comme c'est l'usage et la tradition je vous souhaite Joie, Bonheur, Amour, Argent ... Voeux et Souhaits auxquels je rajouterai la Paix et la Tolérance ...

Il est possible, et même fort probable, que l'année 2012 soit difficile pour tous, à des degrés divers certes, mais difficile dans de nombreux domaines y compris dans ce qui est notre "Passion" et notre "Culture" la Tauromachie ...

Mais en ce 1er Janvier de la Nouvelle Année il faut ne faut pas perdre le moral et défendre le mieux et le plus possible

... notre triple "A" ...

Aguante ... Alegria ... Aficion ...

Olé !!!

 

 

Par Jiès Arles - Publié dans : Coups de Coeur
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 09:04

 

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Alors que "2011" vient à peine de s'achever et que "2012" est tout juste commencée on ne pouvait rêver, quand on est aficionado ou plus simplement gens de coeur, de courage et de tolérance, meilleure nouvelle que celle -là ...

... Le vendredi 30 novembre 2011, Juan José PADILLA a recommencé à toréer ... !

11091(JS NîmesCorridaMiura 210Impensable ! Inimaginable ! ... sauf pour lui ... D'ailleurs, il l'avait dit et annoncé tout de suite après sa tragique cornada le ... 7 octobre dernier !

Vendredi donc, Juan José a toréé 2 vaches de Fuemte Ymbro entouré de sa famille, de son apoderado et de quelques amis.

Cette reprise s'est, semble-t-il, parfaitement déroulée aussi bien avec le capote qu'avec la muleta ?

Diable d'homme que ce PADILLA, en tout cas un "Homme" un vrai .... et sans vouloir, en ce début d'année où l'on croûle sous les voeux et bons sentiments, faire de comparaison oîseuse ou déplacée, je ne peux m'empêcher de comparer l'Homme PADILLA à l'un ou l'autre de ces joueurs de ballon rond payés 200...300...400... 5OO... 600... et même beaucoup plus... mille euros par mois  et pour qui il faut 6 mois de convalescence pour une entorse ou une minute de cinéma pour un simulacre de blessure ...

Un torero, matador de toros, ne simule pas .. LUI ... car son adversaire ne fait pas semblant non plus .. jamais ...

Suerte Juan José, Suerte Maestro PADILLA et au plaisir de vous revoir muleta et épée en mains ...

Enhorabuena et Meilleurs Voeux pour 2012 pour vous, votre famille et vos amis aficionados.

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Par Jiès Arles - Publié dans : Coups de Coeur
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